Après un mois d'abscence du à un job d'été fatiguant, je reviens sur mon blog avec bientôt un nouveau concours gratuit pour mes lecteurs et 100€ à la clé !!
(ceci est la suite du récit sur mes périgrinations à Vegas, je vous conseille de lire le début pour pouvoir profiter de l'aventure à fond)
Il est 18h30 au Rio, et l’Amazon Room retient son souffle. La vie de Matt Affleck est encore entre ses mains, mais plus pour très
longtemps. Le field du Main Event des WSOP 2010 est réduit à une peau de chagrin, et tous les participants peuvent encore prétendre à l’accession en table finale.
Plus que 15 minutes de gloire, cela représente 3 mois de plaisir, durant lesquels les « November 9 » savourent leur notoriété
fraichement acquise, le tout saupoudré par un gain d’au minimum sept chiffres.
Ils se sont battus pendant une semaine et entrevoient enfin le bout du tunnel.
Les deux tables restantes ressemblent à des rings de boxe ; les joueurs sont hagards, d’autant plus que les tables jouent en main
par main. Il faut parfois attendre plus de 10 minutes pour que le coup suivant commence, tant l’attente de l’autre table à été longue. Les caméras tournent au rythme des cris de la foule ; amis
ou simples connaissances, tous supportent leur chouchou avec plus ou moins de ferveur.
La fatigue des joueurs se lit sur leur visage, cachée tant bien que mal par des grosses lunettes de soleil et une capuche pour
certains. Cela va être dur pour ceux qui resteront sur le carreau, destin peu enviable si proche du but ; mais ca sera encore plus cruel pour Mr Affleck.
(…)
Il y a des coups qui peuvent changer la face d’un tournoi, et d’autres qui vont métamorphoser une vie.
Après tout, chaque être humain est en constante recherche du bonheur ; un bonheur qui se matérialise de plusieurs façon
différentes, propres à chacun.
Pour certains, cela passera par l’acquisition de connaissances et d’un savoir précis, pour d’autres par la rencontre avec l’amour
; ou bien encore par un cocktail de gloire et de richesse. Ce dernier point est d’autant plus vrai pour la majorité des joueurs de poker.
Jouer au poker ne crée aucune valeur, n’aide pas le monde à tourner rond. C’est juste un système au sein duquel l’abrutissement de
la masse fait la richesse de certains ; ceux qui ont réussi à développer leurs compétences s’en sortent, beaucoup d’appelés pour très peu d’élus.
Mais quand la chance s’en mêle si près du but, il a de quoi devenir fou. Tant d’efforts, de sacrifices, d’apprentissages anéantis
en moins d’une minute.
Le destin d’un joueur de poker est parfois cruel, mais il en va ainsi quand l’on pratique un hobby qui mélange savoir, chance et
argent.
L’histoire de Matt prend donc naissance dans ce même casino, mais un an plus tôt. Il était chip leader à l’orée des derniers
jours, et sortira d’une façon cruelle dans l’anonymat d’une 80ème place. 80/6200 c’est pas mal diront certains ; Matt Affleck leur rigole au nez.
(…)
18h45. Le croupier distribue les cartes d’un coup qui n’augure en rien une fin tragique.
J.Duhamel écrit l’historie d’une relance à 550 000 au cut off. M.Affleck 3-bet au bouton pour un montant s’élevant à 1 550
000.
Les blinds foldent et l’action revient à Duhamel, qui décide de 4-bet à 4 000 000.
Les tapis sont profonds mais Matt se contente de payer. Cela est bien joué de sa part, malheureusement, il ne sait pas encore que
le hasard va lui jouer un mauvais tour.
Le flop se déroule
et Duhamel doit sentir qu’il est en danger, puisqu’il décide de checker. Il
fait face à une mise de 5 000 000 de la part d’Affleck, qu’il décide de payer.
Un murmure traverse alors la foule ; ce coup sera fatal à l’un des deux protagonistes puisque leurs tapis sont
équivalents.
La
s’affiche sur le turn. Duhamel check encore et Matt fit la seule chose qu’il avait à faire : partir tapis pour 12 millions.
C’est une énorme décision pour Duhamel, il demanda au croupier de compter exactement le tapis restant d’Affleck, ce qui pris une
bonne minute au regard de la pile de jetons avancée.
Sachant qu’il le couvrait de peu, Duhamel s’enfonça dans une dure réflexion.
Il avait encore son destin entre ses mains, ce coucher à ce moment n’était pas inenvisageable, surtout au regard de la force
montrée par Matt au fur et à mesure du coup.
Deux minutes après qu’il eut connaissance du montant à payer, il gonfla ses joues dans un souffle de dépit. Il regarda Matt
pendant 30 secondes puis hocha sa tête.
Plus de 15 minutes après, une éternité pour Matt, Duhamel annonca d’une vois fébrile :
« I call ».
Affleck :
![]()
Duhamel :
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Matt se leva d’un bond. Le pot était énorme, d’un total de 42 millions, et assurait à son vainqueur une place en table finale.
Tous les regards de la foule étaient braqués sur la table, tandis qu’Affleck se mettait à trembler de tout son corps ; on aurait dit qu’il connaissait déjà l’issue funeste de ce coup.
River : ![]()
Un soupir collectif s’échappa de la foule, tandis que Matt enfouit sa tête dans son chapeau ; des hurlements de douleur
s’échappant du coin gauche de la salle, là ou la famille et les amis de Matt étaient rassemblés. Hurlements qui contrastaient avec la joie du clan Duhamel.
John avait touché sa quinte ventrale, l’une des 10 cartes qui lui faisait gagner ce coup.
C’était impossible de ne pas ressentir de l’empathie pour ce garçon, tellement proche d’accomplir son rêve deux fois de suite.
Cette fois ci était de trop, et il lutta de tout son corps pour ne pas s’effondrer en larmes, au moment ou il vit ses jetons glisser vers le tapis de Duhamel.
Sous le choc, au moment de quitter la table, son visage était rouge écarlate, symbole de toute l’émotion qui l’avait submergé
pendant ce coup. Sur un ultime bad beat, il avait manqué le train qui l'aurait emmené vers une autre vie...
Il y a des coups qui peuvent changer la face d’un tournoi, et d’autres qui vont métamorphoser une vie.
Matt se consolera en encaissant un chèque d'un demi million de dollars ; tandis que son bienhereux adversaire est maintenant nanti d'un tapis de 65 000 000, ce qui en fait le favori des bookmakers pour remporter le tournois.
"Poker is a silly game", et le destin de Matt glissa entre ses doigts lors de ce bad beat dont je me souviendrais aussi longtemps que lui...






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