Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 19:13

Certains disent que le poker se résume à un subtil mélange de chance (30%) et a une bonne dose de maitrise (70%). Même si ces chiffres varient suivant l’interprétation de chacun, le constat est là ;  la chance fait partie intégrante du poker.


De ce fait, chaque joueur doit l’accepter, sachant que le long terme fera son travail de sape.

Pourtant, il est difficile de penser à ce concept flou que représente le « long terme » lorsqu’on vient de se prendre une horreur en direct. Impossible de se projeter dans le futur alors qu’on vient de se ramasser une river cauchemardesque,  bien présente elle.

 

Car oui, 99% des bad beats ont lieu sur la river, ce qui les rend encore plus cruels. Alors au lieu de militer au sein de la faction anarchiste des GPPSR (Groupe Partisan d’un Poker Sans River), analysons ce que je nomme le facteur X : la chatte quoi !!


Dans ce moment de détresse communément appellé bad beat, on passe souvent par le dégout, la colère, l’incompréhension voir l’injustice ; mais rarement l’acceptation. Eh oui, notre ego n’a personne à blâmer ; qui est tenu pour responsable lorsque vous partez tapis préflop avec les Rockets contre KK et qu’un cruel Roi s’abat au river. Qui ?

Ce manque de bouc émissaire peut amener un joueur à croire qu’il est damné, ou que sa bonne étoile  pointe aux abonnés absents.


Car normalement, (ou plutôt scientifiquement, devrais-je dire) la chance doit s’équilibrer au fil des mains jouées ; le problème vient du fait que chatter un pot de 240 BB sur un 2 outer

n’a pas les mêmes conséquences que toucher sa ventrale sur un pot checké tout du long.

Et du montant des pots, Dame chance, elle s’en fiche bien.

 

Donc oui, tout le monde n’est pas égal face à la chance. Non seulement car personne ne peut définir avec certitude ce que le « long terme » signifie. Faut t-il jouer cent mille ou cent millions de mains pour que ce facteur X soit le plus infime possible ? 

Pour l’instant, personne ne le sait avec certitude ; alors oui messieurs, il est possible de run bad sur 10, 20 ans ou même toute une vie de poker live. (cf Mike Matusow)

 

De plus, chaque tournoi à un enjeu différent. Si Jamie Gold avait eu son rush lors du TOPT (Trifouillis-les-Oies Poker Tour), il aurait fait beaucoup moins de bruit qu’en a généré sa victoire lors des WSOP.

C’est donc un fait, il y a des chanceux au poker, ceux qui ont le rush de leur vie dans le plus gros tournoi du monde ; et pour compenser la balance, il y a les poissards, dont le seul fait d’arme est d’avoir trouvé un bon de réduction Franprix à la sortie du métro.

 

Mais pourquoi ? Me direz-vous ; la vie est-elle aussi cruelle ? Cette chance est elle innée, ou bien les poissards ont ils raté un épisode ?

En tant qu’éternel optimiste, j’aime à croire que l’on peut tous se «créer » notre propre chance, telle une bulle protectrice, une aura salvatrice qui frappe au bon moment.

 

Cela passe à travers l’accumulation de deux points fondamentaux :


  • la connaissance : Un environnement favorable est nécessaire pour que la chance se développe ; the power of positive thinking. Il est nécessaire d’avoir la capacité de se le créer. Arrêtez de penser que vous êtes un poissard invétéré. Car plus vous vous enfoncez, plus les situations propices aux bad beats pointeront leur but du nez. Croyez en votre bonne étoile et en votre maîtrise du jeu.
  • l’expérience : Ce truc de « chance du débutant » est une connerie. Juste que les novices ont tendance à se mettre dans de (nombreuses) situations rocambolesques, dont seule la chance peut les sortir. Du coup, on a tendance à croire qu’ils attirent la chance. Que nenni, les joueurs expérimentés seront moins soumis à la chance ; et du coup, pourront allégrement la "dépenser" (telle la jauge de boost dans Need For Speed) lors des quelques coups où ils en ont besoin.

Et si malgré tout, vous vous prenez un bad beat de l’espace, digne des plus grands miracles possibles, n’oubliez pas une chose : si le hasard ne faisait pas partie du poker, alors ce jeu n’aurait aucun intérêt.

Il faut accepter de remettre son destin dans les mains de dame chance. Alors oui c’est dur, car quand on perd un coup favori à 99,5%, on m’a qu’une envie : s’éclater la tête contre les murs (c'est mon cas).

 

N’oubliez pas non plus que le poker doit rester un jeu, et qu’il y a toujours plus malchanceux que nous. Alors, tel le gagnant du Loto qui se tue trois jours plus tard au volant de sa nouvelle Ferrari, gardez dans un coin de votre esprit que la balance finira forcément par s’équilibrer un jour ou l’autre……

 

PS : le titre de mon article trouve son origine dans cette vidéo magique. Pour la petite histoire, Danny finira par gagner ce WPT, en payant le all in de son adversaire avec 23o. Standard. Un must à regarder encore et encore, surtout en période de bad run.

 

On a tous un Danny Boy qui sommeille en nous. (Même Marc.F, si si !)

 

Par Zuraw - Publié dans : Articles Strategiques
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